Dossier Éducatif

Érysipèle

CIM-10: A46

Résumé Clinique

Monsieur Jean-Pierre Dubois, patient de 68 ans aux antécédents de diabète de type 2, hypertension artérielle, lymphœdème résiduel post-phlébitique et tabagisme chronique, a été admis aux urgences pour une symptomatologie aiguë et fébrile associant une douleur intense, une rougeur et une chaleur sur la jambe droite, évoluant depuis 36 heures. L'histoire clinique a révélé une porte d'entrée cutanée probable, une éraflure anodine récente. À l'examen, un placard érythémateux, chaud, tendu, douloureux, à bords nets et surélevés a été constaté, avec un œdème significatif et quelques vésicules périphériques, ainsi qu'une adénopathie inguinale ipsilatérale. Le syndrome inflammatoire biologique était majeur, avec une hyperleucocytose à polynucléaires neutrophiles et une CRP très élevée, évoquant une infection bactérienne sévère. Compte tenu des antécédents, les diagnostics différentiels majeurs initialement envisagés incluaient une thrombophlébite profonde, éliminée par l'échographie Doppler, et une cellulite bactérienne d'évolution rapide. La fasciite nécrosante a été écartée sur l'absence de signes de gravité locaux tels que nécrose extensive, crépitations ou hypoesthésie, et l'aspect échographique non évocateur. L'inefficacité initiale d'une antibiothérapie empirique à spectre large, associée à l'aggravation des bulles hémorragiques et la persistance de la fièvre, a conduit à une réévaluation. L'avis dermatologique a confirmé les critères diagnostiques d'un érysipèle bulleux. La mise en place d'une antibiothérapie ciblée par pénicilline G intraveineuse, suite à la positivité des hémocultures à *Streptococcus pyogenes*, a permis une amélioration clinique spectaculaire en moins de 48 heures. Le patient a bénéficié d'une surveillance étroite, d'une hydratation adéquate et d'une antalgie adaptée. L'évolution a été favorable, avec une régression progressive des lésions cutanées et une apyrexie. La prévention des récidives, notamment la gestion des portes d'entrée cutanées et le traitement du lymphœdème résiduel, a été discutée avec le patient avant sa sortie sous relais oral d'amoxicilline pour une durée totale de 14 jours. Ce cas illustre l'importance d'une sémiologie cutanée précise et d'une réévaluation clinique en cas de réponse thérapeutique atypique pour affiner le diagnostic et optimiser la prise en charge.