Lupus Érythémateux Cutané
Résumé Clinique
Ce cas clinique concerne une patiente de 42 ans, architecte paysagiste, présentant une éruption cutanée chronique et évolutive depuis 18 mois, associée à une asthénie, des arthralgies et une photophobie. L'examen physique révèle un érythème malaire typique en ailes de papillon, des plaques érythémato-squameuses sur le cuir chevelu et les membres, des télangiectasies péri-unguéales, et des signes d'atteinte du cuir chevelu suggérant des lésions de type discoïde. Le bilan biologique met en évidence une leucopénie, une lymphopénie, une élévation modérée de la CRP et de la VS, ainsi que la présence d'anticorps anti-nucléaires (AcAN) à un titre élevé, d'anticorps anti-ADN natif et anti-SSA/Ro positifs. La biopsie cutanée avec examen histologique et immunofluorescence directe confirme le diagnostic en montrant des signes typiques de lupus cutané. Le diagnostic différentiel doit écarter d'autres dermatoses inflammatoires chroniques comme la rosacée, le lupus tuberculeux, la dermatomyosite, le psoriasis, ou d'autres connectivites. La prise en charge repose sur une photoprotection rigoureuse, des traitements topiques (corticoïdes, inhibiteurs de la calcineurine), et des traitements systémiques (hydroxychloroquine, voire corticoïdes oraux ou immunosuppresseurs en cas de formes réfractaires ou d'atteintes systémiques). La surveillance régulière des manifestations cutanées, articulaires et des potentiels organes internes (reins, cœur, poumons, système nerveux) est primordiale. La physiopathologie implique une perte de tolérance immunitaire conduisant à une réponse auto-immune dirigée contre divers auto-antigènes, principalement nucléaires, médiée par des lymphocytes T et B, et des cytokines pro-inflammatoires.