Diabète Insipide Central
Résumé Clinique
Monsieur Bernard Dubois, 58 ans, architecte, est admis pour polyuro-polydipsie sévère et céphalées, évoluant depuis plusieurs mois. Ses antécédents notables incluent un traumatisme crânien et une chirurgie hypophysaire pour une tumeur bénigne il y a 10 ans, ainsi qu'une hypertension artérielle. L'examen clinique retrouve une déshydratation modérée et une hypernatrémie avec hyperosmolarité plasmatique, contrastant avec une urine très diluée. L'IRM cérébrale ne montre pas de récidive tumorale mais une atteinte cicatricielle hypothalamo-hypophysaire. Le diagnostic de Diabète Insipide Central (DIC) est fortement suspecté devant ce tableau clinique et paraclinique. La confirmation est apportée par le test de restriction hydrique qui échoue à induire une concentration urinaire appropriée, et surtout par l'amélioration spectaculaire des symptômes après administration de desmopressine (DDAVP), attestant d'une réponse positive à l'hormone antidiurétique. La physiopathologie du DIC réside dans un déficit de production ou de sécrétion de l'hormone antidiurétique (ADH ou vasopressine) par l'hypothalamus ou la post-hypophyse, généralement secondaire à une lésion de cette région (traumatisme, chirurgie, tumeur, inflammation, infection). Le diagnostic différentiel doit écarter le diabète insipide néphrogénique (résistance des reins à l'ADH), le diabète sucré (hyperglycémie et glycosurie), la potomanie primaire (polydipsie psychogène) et les diurèses osmotiques (par hypercalcémie ou insuffisance rénale). La prise en charge repose sur la correction des troubles hydro-électrolytiques, la restriction hydrique contrôlée et le traitement substitutif par desmopressine, ajusté selon la réponse clinique et biologique.