Lupus Érythémateux Disséminé
Résumé Clinique
Ce cas clinique présente un homme de 42 ans, architecte, consultant pour des arthralgies diffuses, une asthénie marquée et une éruption cutanée photosensible, évoquant initialement une pathologie rhumatismale inflammatoire. Les antécédents d'hypothyroïdie de Hashimoto sont à noter. L'examen clinique révèle des signes articulaires inflammatoires non destructeurs, une éruption typique en aile de papillon, des signes de sécheresse oculaire et buccale, et un fébricule. Les explorations biologiques mettent en évidence une leucopénie, une lymphopénie, une anémie modérée, une thrombopénie, une élévation modérée des transaminases, une inflammation biologique (CRP, VS) et surtout la présence de FAN à titre élevé, d'anticorps anti-ADN natifs et anti-Sm, associés à une hypocomplémentémie. La biopsie cutanée confirme une dermatite interface avec dépôts d'immunoglobulines. Ces éléments sont hautement évocateurs d'un Lupus Érythémateux Disséminé (LED), une maladie auto-immune systémique complexe. Le diagnostic différentiel doit inclure d'autres connectivites comme le syndrome de Sjögren (présent mais non exclusif), la polyarthrite rhumatoïde (moins probable vu l'absence d'erosions et les autres auto-anticorps), la dermatomyosite (atteinte cutanée différente), et les vascularites. L'atteinte cutanée photosensible, les arthralgies, la sérite (implicite par les douleurs thoraciques non détaillées mais à rechercher), les anomalies hématologiques et la présence d'auto-anticorps spécifiques orientent vers le diagnostic de LED. La prise en charge doit être multidisciplinaire, initiée par la rhumatologie, avec une corticothérapie débutée à faible dose pour contrôler l'inflammation et les symptômes, et discussion d'un traitement immunosuppresseur (hydroxychloroquine, voire azathioprine ou mycophénolate mofétil) pour une stratégie à long terme visant à induire et maintenir la rémission, tout en surveillant les atteintes d'organes potentiellement graves.