Dossier Éducatif

Colite Pseudomembraneuse

CIM-10: A04.7

Résumé Clinique

Il s'agit d'un patient de 68 ans présentant une colite sévère post-antibiotique, causée par la prolifération de Clostridioides difficile. La physiopathologie repose sur la perturbation du microbiote intestinal par l'antibiothérapie préalable, permettant l'émergence de souches toxinogènes dont les toxines A (entérotoxine) et B (cytotoxine) induisent une inflammation colique, une nécrose épithéliale et la formation de pseudomembranes composées de fibrine, de débris cellulaires et de leucocytes. Le diagnostic est posé par la détection des toxines dans les selles et confirmé par l'aspect endoscopique caractéristique. Le diagnostic différentiel inclut les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI), les colites ischémiques, et les colites infectieuses bactériennes. La prise en charge thérapeutique repose sur l'arrêt immédiat de l'antibiotique déclencheur, l'instauration d'une antibiothérapie spécifique (vancomycine orale ou fidaxomicine) et une réhydratation hydro-électrolytique rigoureuse. En cas de forme sévère ou compliquée, une surveillance en unité de soins intensifs est nécessaire pour dépister un mégacôlon toxique ou une perforation, complications engageant le pronostic vital. Le pronostic dépend de la précocité du traitement et de l'état de fragilité du patient. La prévention des récidives est un enjeu majeur, nécessitant parfois le recours à la transplantation de microbiote fécal chez les patients récidivants.