Dossier Éducatif

Fibrillation Auriculaire

CIM-10: I48.0

Résumé Clinique

Monsieur Jean Dubois, 78 ans, ancien professeur de littérature, se présente pour des palpitations intermittentes, une dyspnée d'effort et des vertiges. Ses antécédents sont marqués par une hypertension artérielle et une dyslipidémie. L'examen clinique révèle une tachycardie irrégulière à 130 bpm sans signe d'insuffisance cardiaque. L'ECG confirme une fibrillation auriculaire avec une réponse ventriculaire rapide. L'échocardiographie montre une dilatation de l'oreillette gauche et une hypertrophie ventriculaire gauche, sans autre anomalie valvulaire ou systémique. Le bilan biologique est sans particularité notable, excluant notamment une dysthyroïdie comme cause principale. La prise en charge initiale a consisté en un contrôle de la fréquence cardiaque par bêta-bloquant (bisoprolol), bien toléré et efficace pour ramener la fréquence aux alentours de 80 bpm au repos, tout en maintenant le rythme irrégulier. Le risque thromboembolique a été évalué par le score CHA2DS2-VASc (score de 3 : 1 pour l'âge, 1 pour l'HTA, 1 pour l'absence d'autre facteur), justifiant la mise sous anticoagulation orale par un anticoagulant oral direct (AOD), le rivaroxaban, après discussion des alternatives et contre-indications. Le diagnostic différentiel a inclus les tachycardies supraventriculaires paroxystiques, le flutter auriculaire, et les extrasystoles supraventriculaires fréquentes, mais le caractère permanent et absolument irrégulier de l'arythmie, ainsi que les anomalies morphologiques cardiaques, orientent fortement vers une fibrillation auriculaire chronique. La prise en charge à long terme visera le contrôle de la fréquence, la prévention thromboembolique, et la gestion des facteurs de risque cardiovasculaire (optimisation du traitement antihypertenseur et de la dyslipidémie). Une surveillance régulière de l'observance et de l'efficacité du traitement anticoagulant, ainsi que de la tolérance, est primordiale.